Les vertus des principales plantes ayurvédiques

L’Ayurvéda, par sa médecine, accorde une place très importante à la nature. Les soins prodigués sont souvent faits à base de plantes.Nous vous proposons donc un tour d’horizon des plantes les plus utilisées en Ayurvéda, avec leurs principales vertus.

Le gingembre, la panacée des temps modernes

gingembre ayurveda

Connu sous le nom sanskrit de vishwabheshaja qui signifie en Français «la médecine universelle». Le gingembre est un remède contre les troubles digestifs, respiratoires et circulatoires depuis des milliers d’années.
Le gingembre est un lis vivace, indigène de l’Asie tropicale, bien qu’il n’ait jamais été trouvé poussant à l’état sauvage. Même si ses origines botaniques exactes sont inconnues, il joue un rôle important dans les anciennes traditions de l’Ayurvéda, de l’Unani et de la médecine chinoise.

LE GINGEMBRE EN AYURVÉDA

Dans l’Ayurvéda, le rasa (goût) du gingembre est piquant et doux. Même s’il a un piquant et qu’il réchauffe, il tonifie et à terme entraîne une douce vipāka (résultat en sanskrit). Dans la médecine ayurvédique, cette vipāka douce a un effet rafraîchissant et durable. Mais en étant d’abord un aliment piquant, il soumet le vata et le kapha, tout en augmentant le pitta. Ces effets sont contrebalancés à terme par la réduction du pitta.

C’est  une plante très particulière qui peut servir de remèdes contre de nombreuses maladies.

Ainsi, elle améliore notre système digestif. Plus précisément,le gingembre réchauffe le système digestif, et augmente l’agni et la sécrétion d’enzymes digestives. Le gingembre frais profite tout particulièrement au rasadhatvagni (agni du rasa dhatu), tandis que le gingembre sec réduit l’agni et convient mieux pour soigner le sous dosha gouvernant la digestion , le kledaka kapha.

Le gingembre est de plus en plus reconnu pour ses actions anti-inflammatoires. Le gingembre est utilisé pour réduire le slesaka khapa qui est une forme d’eau qui lubrifie les articulations. Mais il est aussi utilisé pour digérer les toxines ou comme anti-inflammatoire contre l’arthrite (ama-vata). On le retrouve dans de nombreuses formules ayurvédiques traditionnelles, comme le triphala guggul ou le yograj guggul. De plus, malgré son énergie «chaude», le gingembre inhibe également l’activité des prostaglandines inflammatoires.

Enfin, le gingembre est réputé pour ses effets stimulants sur la circulation vasculaire périphérique. La vasodilatation et la transpiration peuvent contribuer à sa capacité à combattre le rhume. À mesure que l’ama disparaît du rasa et de rakta, la toux et le rhume liés au kapha et vata diminuent. Combinés à différentes herbes, les nombreuses actions du gingembre peuvent  être adaptées aux symptômes présents. Avec la cannelle et la citronnelle, il va par exemple augmenter la transpiration pour réduire le rhume.

La coriandre

coriandre ayurvéda

La coriandre est une plante surprenante utilisée à des fins culinaires et médicinales. Depuis les temps les plus anciens, elle est connue dans la région méditerranéenne, en Afrique et au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Inde et en Chine.

Les anciens Grecs, Egyptiens et Romains la connaissaient bien. Pline (Plinius), le célèbre historien romain, nous dit que «la meilleure coriandre est venue d’Égypte”. En Inde et particulièrement dans la médecine ayurvédique, cette plante s’appelle dhanya et signifie “riche”.

LA Coriandre EN AYURVÉDA

D’un point de vue médical, l’Ayurvéda classe cette plante dans la catégorie réfrigérante et déshydratante.La graine de coriandre est un excellent remède pour favoriser la digestion par Pitta car elle allume l’agni mais n’aggrave pas l’acidité. Son utilisation est sans danger en cas d’inflammation du système digestif et si l’agni doit être renforcé.

En cas de brûlure, c’est également un excellent remède. Le jus frais de l’herbe est efficace en interne, mais il peut également être utilisé en externe pour les démangeaisons et l’inflammation.

La coriandre est une épice douce qui aide à promouvoir l’énergie du foie et améliore l’appétit lorsque le foie est lent ou encombré.

Le guduchi : celui qui protège le corps

guduchi ayurvéda

Le guduchi est décrit comme «celui qui protège le corps». Le nom sanskrit Amrita est dérivé d’anciennes écritures hindoues où Amrita était utilisé pour ramener les morts à la vie et empêcher les dieux de tomber malades. Il n’est donc pas étonnant que l’on parle aussi de «nectar d’immortalité» et «d’élixir céleste».

LE GUDUCHI EN AYURVÉDA

Le guduchi a toujours été une plante très importante dans la médecine ayurvédique. De nature tridoshique, ses propriétés amères et astringentes et son effet post-digestif doux réduisent le Pitta. Les qualités amères, astringentes et chauffantes réduisent le kapha. Vata est réduit par sa chaleur et ses qualités post-digestives douces. Sa chaleur brûle bien mais n’aggrave pas Pitta et son effet post-digestif doux lui confère une qualité régénérante et nourrissante.

Triphala

triphala ayurveda

Le triphala est une formule ayurvédique à base de plantes rasayana consistant en parts égales de trois myrobalans, pris sans graine: Amalaki (Emblica officinalis), Bibhitaki (Terminalia bellirica) et Haritaki (Terminalia chebula).

LE TRIPHALA EN AYURVÉDA

Le triphala est un régulateur métabolique. Pour ceux qui souffrent d’insuffisance pondérale, le triphala construira le système nerveux, les muscles et le sang. Pour ceux qui souffrent d’obésité, le triphala réduira la graisse, ce qui en fera une partie intégrante d’un régime.

 

De plus, le triphala offre une solution peu coûteuse comparé aux médicament de l’industrie pharmaceutique. Il peut être utilisé comme traitement pour des problèmes quotidiens tels que les troubles digestifs. C’est un produit agricole naturel et écologique qui se consomme au quotidien.

LE CURCUMA: La “déesse d’or”

curcuma

Le curcuma est utilisé depuis des siècles dans l’Ayurvéda comme système de guérison naturel. Il porte pas moins de 46 synonymes différents, notamment: “pitta” (jaune), “gauri” (brillant) et tous les mots qui signifient “nuit” . Cela vient d’une tradition de femmes mariées appliquant le curcuma sur leurs joues le soir en prévision de la visite de Lakshmi (la déesse de la prospérité). Dans l’Ayurvéda, le curcuma équilibre les trois doshas (vata, pitta et kapha).

LE CURCUMA EN AYURVÉDA

Il existe de nombreuses anciennes formules ayurvédiques utilisant le curcuma. Le lait bouilli avec du curcuma et du sucre est un remède contre le rhume très populaire. Le jus de curcuma s’utilise pour soigner les plaies, les contusions, et morsures de sangsue. Une pâte à base de curcuma, de chaux et de sel est couramment appliquée sur les entorses et les articulations enflammées.

La fumée produite en saupoudrant du curcuma sur du charbon brûlé s’utilise pour soulager les piqûres de scorpions. L’inhalation des vapeurs de curcuma brûlant est également couramment prodiguée pour libérer de grandes quantités de mucus et procurer un soulagement instantané de la congestion des voies respiratoires. Les émanations ont aussi un pouvoir relaxant.

Le curcuma est aussi très populaire pour les soins de la peau. En effet, il agit pour purifier et nourrir le sang et la peau. L’application externe arrête la douleur et l’enflure, guérit rapidement les plaies et traite de nombreuses maladies de la peau, allant de l’acné à la lèpre. La méthode classique d’application topique du curcuma est le «Ubtan»: un mélange de curcuma, de farine de pois chiche, d’huile de sésame ou d’amande, d’un peu de crème fraîche et de miel.

Enfin, le curcuma est bénéfique pour aider l’ensemble du système gastro-intestinal en augmentant la flore intestinale et en générant une digestion saine.