La Médecine Ayurvédique

La base de l’Ayurveda n’est pas de traiter les symptômes de la maladie comme le ferait la médecine traditionnelle mais plutôt de traiter les causes de celle-ci.

Qu’est-ce que la Médecine Ayurvédique ?

Avant toute chose, il faut comprendre que l’Ayurveda considère toute maladie comme la conséquence finale d’un déséquilibre consumé de son être et/ou environnement. Les symptômes de la maladie sont alors des signaux transmis par le corps. Ils communiquent ce déséquilibre et ce besoin de retrouver l’harmonie.

Ainsi, le principe fondamental de la médecine ayurvédique est de rétablir notre équilibre et la symbiose de notre corps avec l’environnement. Une fois l’équilibre retrouvé, le corps n’a plus besoin de nous le communiquer et les symptômes disparaissent, nous guérissons.

L’Ayurveda appréhende chaque personne et chaque maladie qui affecte la personne comme une même entité. Chaque être est unique comme chaque maladie est unique. Car elle s’exprime de manière singulière dans un corps.

Aussi, lorsque l’on place la maladie comme un moyen de communication et non plus une fin, on ne se concentre plus directement sur le soin de cette maladie mais sur le soin de l’être.

La médecine occidentale va généralement chercher des traitements et médicaments capables de soigner la plus grande population possible face à une maladie spécifique. La médecine ayurvédique va rechercher un traitement spécifique à un individu et à la forme unique de sa maladie.

Cette logique est triviale et se base sur le fait que jamais la maladie n’affecte exactement les personnes de la même manière. Aussi il ne peut y avoir qu’un seul remède mais autant de remèdes que d’individus.

Le but principal de la médecine ayurvédique est de déterminer lesquels des 3 doshas possibles chez l’homme sont dominants. En effet, nous avons tous des doshas qui dominent les autres à des degrés uniques. Il faut donc s’alimenter et se soigner en conséquence pour chercher à équilibrer ces doshas.
Cette harmonie n’est possible qu’en choisissant des activités, des aliments ou des plantes qui sont à l’opposé des qualités de son dosha prédominant (vata, pitta ou kapha).

Pour se soigner, il vous faut prioritairement vous rendre chez un médecin ayurvédique qui déterminera l’état des dosha (prise du pouls, observation de la langue, de la peau, de la morphologie, interrogatoire sur le sommeil, la digestion, les préférences alimentaires, etc.).

Il établira ensuite un programme de soins personnalisés. Ces soins peuvent être des exercices de respiration, des aliments particuliers à manger ou encore des habitudes de vie à prendre (par exemple, si Vata est dominant, il est conseillé de se lever une demi-heure avant le lever du soleil).

Il est essentiel de bien connaître la nature du patient, la nature de sa maladie tout comme la nature du remède. Le terme nature ici prend le sens d’essence profonde et de véritable. Les qualités de la nature sont fortes de contrastes : lourd ou léger, chaud ou froid… comprendre la nature d’une personne c’est dessiner la combinaison unique de ces caractéristiques.

L’arthrose est une maladie que nous pourrions résumer comme produisant une douleur pointue et mobile ou bien comme stable (si elle se situe dans les articulations), chaude (en produisant la dilatation des vaisseaux) ou froide (en cas de constriction vasculaire). On perçoit via cette illustration le caractère unique d’une maladie.

Le soin par les herbes se base sur cette logique de qualités (gunas). Certaines herbes nous apportent de la chaleur dans le corps comme le gingembre, d’autres permettent de le refroidir, comme l’hydraste du Canada. L’idée demeure identique, à savoir contrebalancer un déséquilibre par sa qualité contraire.

Les maladies froides se traitent par des remèdes chauds, les maladies lourdes par des remèdes légers, etc.

La pathologie est nécessaire pour le diagnostic d’une maladie. Mais tout aussi important est l’étiologie qui consiste à comprendre la vie d’un patient, ses habitudes et son environnement.

Une personne qui vit frénétiquement, change beaucoup de travail ou de relations, mange rapidement va nécessairement augmenter sa part de vata dans sa constitution.

Une personne qui vit avec intensité, ambition, cherche la compétition et qui mange régulièrement de la nourriture épicée, va logiquement augmenter sa part de pitta.

Enfin, une personne qui va avoir un rythme stable, une vie sédentaire et qui va consommer des aliments lourds comme les produits laitiers va augmenter sa part de kapha.

Le corps humain et l’Ayurveda

L’Ayurveda définit chaque personne via sa constitution qui se dessine dès sa naissance. Celle-ci est le principe fondamental de l’équilibre des trois doshas. Cette constitution détermine les bases du corps d’une personne et sa personnalité.

Bien entendu d’autres facteurs jouent sur la formation du corps et de l’esprit, mais il est important de considérer la constitution comme l’on considère la génétique, en cela elle créée des prédispositions pour notre croissance.

Nous évoquons régulièrement le triptyque des doshas mais il ne faut pas faire l’erreur courante de penser qu’il y a donc 3 constitutions. En réalité les combinaisons sont infinies et propres à chaque personne. Nous en revenons au principe premier : chaque praticien de l’ayurvéda va s’atteler à comprendre la constitution de la personne qu’il traite. Ce n’est qu’ensuite qu’il va essayer de comprendre la maladie et la nature du déséquilibre.

Un point d’analyse important au-delà de la constitution des doshas concerne la force générale du corps (ojas) ou plutôt sa résistance face au stress et à l’anxiété.

Le dosha Vata est une force qui régit tous les mouvements de notre corps.

Il se compose d’ether et d’air. Il est léger, sec, froid et mobile. Avoir une dominance de ce dosha signifie avoir ces mêmes qualités physiques et/ou mentales. Les Vatas ont tendance à être maigre, avec la peau sèche, etc.

En cas de déséquilibre de ce dosha, ils peuvent rencontrer des problèmes respiratoires ou ressentir des émotions froides (peur, anxiété,…). Ils sont facilement sujets à l’asthme et aux quintes de toux.

Concernant leur système digestif, s’il devient lui aussi sec, les vatas peuvent être sujet à la constipation, à la formation de calculs rénaux. La qualité mobile, déséquilibrée, peut quant à elle provoquer de l’hypertension.

Le dosha Pitta est une force qui dirige toute la digestion du corps.

Il se compose majoritairement du feu. Ainsi, il est donc chaud, léger, mobile et pointu. Il contient tout de même de l’eau pour ne pas être trop sec mais pas assez pour être humide non plus.

Les pittas ont, la plupart du temps, le corps chaud et sont moins sensible au froid extérieur. Leur personnalité est exubérante, ils sont très sensibles aux émotions chaudes, la colère, la jalousie, etc.

Leur digestion est logiquement bonne car c’est leur dosha dominant qui la gouverne. Un déséquilibre de leur dosha va impacter les parties du corps contenant du feu comme le sang, la peau, le foie et l’intestin grêle. La conjonctivite, l’acné ou les maladies du sang sont des illustrations d’un déséquilibre du dosha pitta.

Le dosha Kapha est la force dirigeant la croissance de notre corps.

Il se compose de l’eau et de la terre. Il est lourd, humide, stable, doux et brut.

Les kaphas ont souvent une carrure forte, la peau dure et les os lourds. Ils sont connus pour leur calme et leur sang-froid. Ils se déplacent et parlent lentement. Les sentiments lourds, comme la léthargie ou la rigidité les affectent particulièrement. Kapha influence principalement l’estomac et les poumons.

On perçoit facilement le déséquilibre de ce dosha via ces organes comme par exemple avec les nausées ou le manque d’appétit. Des maladies comme l’obésité, certains cancers, des bronchites chroniques peuvent résulter d’un déséquilibre du dosha.

Alors que les doshas sont perçus comme les causalités des maladies, dathus, upadathus et les srotas sont à appréhender comme les lieux d’apparition de la maladie.

Les dhatus sont des tissus, les upadhatus sont également des tissus additionnels et les srotas sont des systèmes de canaux.

On dénombre sept tissus : le plasma, le sang, le muscle, la graisse, l’os, la moelle et le tissu reproductif. Tandis que la médecine occidentale étudie chaque tissu séparément, l’Ayurvéda les étudie comme un ensemble. Chacun dépendant de l’autre et se nourrissant mutuellement. Donc, si une complication se développe pour un tissu, elle va éventuellement se développer de manière systémique. Les pathologies en Ayurveda peuvent donc s’expliquer partiellement comme un déséquilibre des doshas à l’endroit où se situent les dhatus.

Lorsque vata pénètre un dhatu, celui-ci devient plus léger, sec et très mobile. Lorsqu’il s’agit de pitta, il se réchauffe, et lorsque c’est kapha, il s’alourdit, il s’humidifie et se stabilise. Prenons l’exemple du dhatu du muscle. Lorsque vata déséquilibre un muscle, il peut s’atrophier, si c’est pitta, il risque de inflammations, kapha, il peut grossir et devenir difforme.

Les srotas majeurs sont le système respiratoire, le système digestif, le système reproductif, le système cardiovasculaire, le système urinaire et le système d’hydratation du corps. Ce sont donc d’autres lieux où les doshas peuvent provoquer du déséquilibre et permettre l’apparition de maladies.

Lors des processus métaboliques du corps, l’Ayurveda identifie des résidus et déchets métaboliques qui doivent être proprement éliminés pour maintenir une santé optimale. Ces déchets s’appellent des malas. Un dérangement dans le processus d’élimination des malas est un facteur de maladie.

Les Dhatus​

L’Ayurveda considère que notre corps est structuré par 7 Dhatus interdépendants.

Le 1er dhatu est le plasma qui se traduit par “rasa”. Le 2ème, responsable de la circulation du sang dans notre corps, se traduit par rakta. Le 3ème, responsable des muscles, se traduit par mamsa. Le 4ème représente les graisses et les tissus adipeux, il se traduit par medas. Le 5ème signifie « os » et définie la structure solide du corps, il se traduit par Asthi. Le 6ème signifie moelle, il se traduit par Majja. Le dernier dhatu est le shukra dhatu. Il concerne la semence, le tissu de la vie.

La médecine ayurvédique en pratique

La langue

La langue est une partie de notre corps très particulière pour la médecine ayurvédique. Plus qu’un organe pour nous servir à manger ou parler, c’est avant tout le miroir des viscères.

La Digestion

Guide pour comprendre la digestion et le concept de l’agni en ayurveda, son importance et ses différents types.

La Désintoxication du corps

Le Panchakarma est une forme traditionnelle indienne de désintoxification du corps et de l’esprit facilitant le rajeunissement.

Routine quotidienne et matinale

Pratique ancestrale, la Dinacharya est une routine quotidienne visant à bien démarrer la journée et à prendre soin de sa santé.

Le cancer

Apprenez en davantage sur le cancer et la façon dont il est traité par la médecine ayurvédique.

Les Plantes

La médecine ayurvédique place la nature au centre de sa science. Nous listons ici quelques plantes très réputées en Ayurveda, avec leurs principales vertus.

L'Ama

Notre corps produit constamment des déchets qui sont normalement éliminés par notre organisme. Le problème survient quand ils ne le sont pas. A ce moment, cela crée de l’Ama.

Le Transit

Le sujet du transit et de la digestion a toujours été un tabou et un sujet sensible. Cependant, la majorité des gens souffrent à un moment ou un autre de problèmes de transit dans leur vie.

Médecine d’hier et d’aujourd’hui

L’Ayurveda est une médecine traditionnelle indienne aux origines lointaines. Pratiquée depuis des millénaires, elle reste encore très vivante aujourd’hui et se développe dans les pays occidentaux.