Origine et Histoire de l’Ayurveda

Les origines de l’Ayurveda

L’Ayurvéda ou « science de la vie » naît en Inde dans la vallée de l’Indus durant la période antique allant d’environ 2000 ans avant JC jusqu’au VIème siècle avant JC. Cette période se nomme l’Age Védique. L’Ayurvéda est le fruit de profondes méditations des grands sages de l’époque, les Rishis. A travers ces méditations, ils cherchaient à aider les hommes de leurs villages. L’objectif était de les libérer des souffrances et maladies et de vivre en harmonie avec la nature.

Les Rishis rédigèrent de nombreux textes reprenant les principes généraux de leurs méditations et réflexions philosophiques. Ces textes forment un grand corpus appelé les Védas. Les Védas remontent donc pour les premiers à plus de 4000 ans.

Histoire de l'Inde - Hindostan

Les Védas : recueils de connaissance

Au nombre de quatre: Rig-véda, Ayur-véda, Atharva-véda et Sama-véda, ils sont le germe de la médecine ayurvédique que l’on connaît et applique aujourd’hui. Ces connaissances condensées furent transmises de façon orale au fil des siècles avant d’êtres rassemblées et transcrites il y a plus de 3000 ans. Ils furent rédigés sous forme d’hymnes, de formules et de chants.

Les Védas sont aujourd’hui considérés comme les plus vieux écrits au monde parlant de l’entretien du corps et de l’esprit. En somme, c’est la plus ancienne trace manuscrite de l’homme évoquant le soin et la médecine.

Les écrits traduisent le style littéraire de l’époque qui privilégiait la poésie et la métaphore. Par exemple, au sein de ce corpus on trouve l’histoire des guerriers védiques comme Ram, Lakshman, Arjuna et Krishna. Ces guerriers représentent des êtres qui ont atteint leur plein potentiel psychique et physiques. Il s’agit ici de l’objectif initial de l’Ayurvéda et des sciences védiques.

Les textes fondateurs de la constitution du corps, des fonctions vitales et des maladies sont principalement la Charaka Samhita, la Sushruta Samhita et l’Asthanga Hridrya.

L’enseignement Ayurvédique

La roue de la vie Auyrveda

Les enseignements de l’Ayurvéda étaient à l’époque dispensés de maître à disciple durant de nombreuses années.

L’élève vivait chez le maître dès son plus jeune âge et aidait le maître dans sa vie quotidienne. Il faisait le ménage, cueillait les plantes, préparait des décoctions, des mélanges, des potions… Il étudiait les textes fondateurs, le yoga, la méditation, les principes de vie.

Une fois tout ceci intégré et vécu, l’élève était prêt à devenir à son tour médecin ayurvédique et à enseigner cette science.

L’Ayurvéda, au delà des frontières indiennes

L’influence de l’Ayurvéda fut progressive mais décisive pour de nombreux pays. Par exemple, la notoriété acquise en Perse fait qu’on l’étudiait avant la formation de la médecine arabe. En effet, les premiers califes du VIIIème traduisirent une version persane de la Charaka Samhita.

C’est surtout dans les contrées où la culture indienne se propagea avec le bouddhisme qu’il connut le plus de succès. Plusieurs ouvrages de médecine ayurvédique ont été retrouvés en Asie centrale et en Asie de l’Est.

Au Tibet, de nombreux traités furent traduit de la langue indienne de l’époque (le Sanskrit) en tibétain. Ainsi, la médecine tibéto-mongole doit l’essentiel de ses bases théoriques et pratiques à l’Ayurvéda.

Au début de l’ère chrétienne, l’Ayurvéda se répand également en Birmanie et en Asie du sud-est où il se pratique encore de nos jours.

L’Ayurvéda dans le monde occidental

Jusqu’à la fin du XVème siècle, il n’y eu que peu de contact entre l’Inde et l’Europe. Un des premiers médecins européens à se rendre en Inde fut le portugais Garcia de Orta qui arrive à Goa en 1534 et qui y resta jusqu’à la fin de sa vie. Il pratiqua l’Ayurvéda et le recommanda à des patients sans jamais l’exporter en Europe.

L’arrivée des anglais et la colonisation favorisèrent dès lors la diffusion de la médecine moderne occidentale. Mais la médecine traditionnelle ayurvédique conserva toujours un important crédit auprès de la population indienne et au delà. Si les médecins occidentaux sur place s’intéressaient pour la plupart à cette science, aucun ne ramena ce savoir en Europe dans le but de le pratiquer.

L’Occident fut effectivement très réfractaire envers l’Ayurveda, la qualifiant de « sous-médecine » et ne lui accordant que peu de crédit en comparaison avec la médecine scientifique.

Ayurveda au delà des frontières

Ainsi, l’ouverture à cette science (considérée officiellement comme science alternative par l’Organisme Mondial de Santé) fut tardive mais aujourd’hui, force est de constater que les pays occidentaux comme les États-Unis, la France et l’Angleterre sont d’importants nouveaux foyers de développement de l’Ayurveda.

Il existe actuellement en Inde un grand nombre d’écoles de médecine traditionnelle avec hôpitaux d’application et centres de soins. L’enseignement a été modernisé. A côté des classiques écrits médicaux sanskrits, on étudie maintenant l’anatomie et la physiologie modernes. Dans les centres de soins et les hôpitaux ayurvédiques, l’établissement du diagnostic se fonde le plus souvent sur les caractéristiques cliniques données par les traités de Charaka, Sushruta, mais on a aussi recours de nos jours à des analyses médicales courantes.